Par pays · France

Fiscalité espagnole pour français

Le guide français : modelo 210, représentation fiscale, NIE et succession — géré par un colegiado agréé dans votre langue.

Ce que les propriétaires français doivent savoir

Les résidents français forment le troisième groupe européen d'acheteurs immobiliers en Espagne, concentré en Catalogne et sur la Costa Brava. En tant que résidents de l'UE, ils bénéficient du taux favorable de 19 % sur l'IRNR, avec déduction intégrale des charges sur les revenus locatifs. La convention de 1995 entre l'Espagne et la France est l'une des plus anciennes et des mieux établies d'Europe, et elle résout proprement la plupart des frictions de double imposition : les revenus immobiliers de source espagnole ne sont imposés qu'en Espagne, et le côté français accorde un crédit intégral. Deux complications récurrentes demeurent : (a) l'impôt sur la fortune — la France applique l'IFI sur l'immobilier, l'Espagne le modelo 714 (patrimonio), obligatoire uniquement si votre patrimoine net mondial dépasse 700.000 € + une exonération de 300.000 € pour la résidence habituelle (vivienda habitual), avec des variations régionales — et (b) l'allégement bilatéral en matière de droits de succession, régi par une convention de 1963 distincte de la convention de 1995 sur le revenu.

Convention fiscale Espagne-France

In force since
1995
Status
in force
Dividend cap
15%
Interest cap
10%

Section à titre informatif. Les taux du traité et les réductions dépendent du type de revenu, du certificat de résidence et de la procédure de déclaration. Nous appliquons le taux effectif du traité dans votre déclaration.

Questions spécifiques des français

Quel taux IRNR s'applique aux propriétaires français en Espagne ?

19 % forfaitaire pour les résidents de l'UE. Comme pour les propriétaires allemands, ce taux s'applique au revenu imputé (1,1 % ou 2 % de la valeur cadastrale) pour un usage personnel, ou au revenu locatif net (après déduction des charges : frais de notaire, intérêts d'emprunt, amortissement, charges de copropriété, IBI, réparations) pour un bien loué.

Mon bien espagnol est-il pris en compte dans l'IFI français ?

Oui, pour les résidents de France : l'IFI taxe le patrimoine immobilier mondial au-delà de 1,3 million d'euros, y compris votre appartement en Espagne. L'impôt espagnol sur le patrimoine (modelo 714) ne s'applique aux non-résidents que pour les actifs situés en Espagne au-delà de 700.000 € (avec des variations régionales) ; pour la plupart des résidents français possédant un appartement de vacances, le 714 espagnol ne se déclenche pas. La convention de 1995 ne couvre pas l'impôt sur la fortune : chaque pays applique donc son propre régime, indépendamment de l'autre.

Comment s'articulent les droits de succession français et l'ISD espagnol ?

Par le biais de la convention bilatérale de succession de 1963 (toujours en vigueur). Pour un bien immobilier situé en Espagne et hérité par un résident français, l'Espagne dispose du droit d'imposition principal (avec la bonificación de la CCAA applicable), et la France accorde un crédit limité à l'impôt espagnol effectivement payé. Effet net : dans les CCAA à forte bonificación (Madrid 99 %, Andalousie 99 %), l'héritier français ne paie souvent que le faible résidu espagnol, plus le complément français ; dans les CCAA moins généreuses, la part espagnole peut atteindre 7 à 15 % avant tout complément français.

Les structures SCI sont-elles reconnues par le droit fiscal espagnol ?

Une SCI (Société Civile Immobilière) est traitée en Espagne comme une entité non-résidente. Le revenu locatif ou imputé de source espagnole revient à la SCI en tant que société non-résidente, imposé à 24 %, sauf si la SCI est résidente d'un pays de l'UE et remplit les conditions du taux de 19 % (c'est le cas de la plupart des SCI). Les plus-values réalisées lors de la cession du bien espagnol sous-jacent sont elles aussi imposées au niveau de l'entité. Conseil pratique : modélisez les deux scénarios, avec et sans SCI, avant de structurer votre acquisition — les avantages civils de la SCI en France l'emportent souvent sur le surcoût fiscal espagnol, mais le calcul n'est pas trivial.

Le visa nomade digital espagnol fonctionne-t-il pour les Français ?

Les citoyens de l'UE n'ont pas besoin d'un visa nomade numérique pour leurs droits de séjour : vous pouvez vous installer en Espagne et vous y enregistrer sans lui. C'est le volet fiscal qui compte : demander ce visa vous oriente vers un IRPF forfaitaire de 24 % sur les revenus de source espagnole, jusqu'à 600.000 €, pendant 5 ans (extension « loi Beckham » de la Ley 28/2022). Que ce régime soit plus avantageux que la fiscalité française dépend de votre niveau de revenu et de votre tranche marginale en France — la tranche marginale supérieure française dépasse 24 % au-delà d'environ 170.000 €, ce qui avantage les hauts revenus ; en deçà, le taux français peut déjà être plus bas.

Évolutions réglementaires récentes qui vous concernent

La convention de 1995 sur le revenu est stable depuis trois décennies et aucune révision de protocole n'est annoncée. La convention de succession de 1963 est tout aussi établie. La tendance à surveiller concerne le traitement des pensions franco-espagnol pour les anciens fonctionnaires et les retraités de la SNCF, que la convention de 1995 réserve à l'État qui les verse — la France a précisé que cette exclusivité couvre davantage de régimes de pension que ce que les rédacteurs initiaux envisageaient, un signal généralement favorable pour les retraités français en Espagne.

Parlez-nous

→ Telegram